Tour et sommet Grand Muveran/ Dent de Morcles

du 11 au 15 août 2018.

Cette randonnée annoncée comme alpine se fera en petit comité : Manu, le guide (est-il nécessaire de le préciser ?), Christine, Eric et moi.

Une variante dans le programme s’impose dès le départ : un petit détour par Courtelary pour voir la nouvelle usine de « CHEZ Camille Bloch » fabricant du célèbre Ragusa. Cette surprise organisée par la copilote est beaucoup appréciée par notre GO ! …enfin, je crois. Puis, nous mettons le cap sur les Plans-sur-Bex où nous installons notre bivouac à côté du Relais fermier de la Soldanelle, qui nous nourrit avec ses röstis pour la nuit. De là, nous avons une vue éloquente sur le fond de la vallée et ses sommets qui culminent à…beaucoup trop haut. Pour la nuit, il y a ceux qui dorment à 2 dans une tente à 4 places et ceux qui dorment à 2, aussi, mais dans une tente à 1 place !
Le réveil est frais et très humide grâce à la rivière qui coule juste à côté. Nous levons le camp pour aller à Pont de Nant (1253m) où nous laissons la voiture avec les tentes en vrac à l’intérieur pour qu’elles puissent sécher. Deux randonneuses : une avec des chaussures toutes neuves et une autre avec des chaussures toutes vieilles qui ne demandent qu’à…marcher, les chaussures !

Nous montons gentiment, mais sûrement au milieu de vertes prairies. C’est un test parfait pour le tout nouveau T-Shirt en céramique (oui, oui, vous avez bien lu) de notre Manu. Puis l’herbe cède la place aux cailloux sur le sentier, lequel est bientôt traversé par un névé. Nous le franchissons en passant par le dessous ce qui nous permet d’apprécier un instant de fraîcheur. Après ce sentier au milieu de fragments d’ardoise, nous arrivons à la Frête de Saille (2590m) qui nous présente la cabane Rambert (2582m) tout près à vol d’oiseau ; mais une cabane, ça se mérite ! Alors il nous faudra redescendre, puis remonter, pour pouvoir apprécier un morceau de gâteau et un verre sur la terrasse de cette cabane. Elle a été complètement rénovée en 2015, avec 3 grandes baies vitrées exposées plein sud face à, vous êtes prêts ?, Weisshorn, Dent Blanche, Cervin, Grand Combin, Aiguille verte, Mont-Blanc, Dents du Midi… Les bouquetins, attirés par la pierre de sel offerte par les gardiens, nous tiennent compagnie.

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Le lendemain, nous quittons la cabane légers, car nous y laissons tout le superflu pour affronter le Grand Muveran. Nous sommes accompagnés par les bouquetins pas farouches qui nous narguent avec leur agilité à franchir les dénivelés si facilement. Très vite, les bâtons sont rangés sur le sac, car j’ai besoin de mes mains pour m’agripper et progresser vers le sommet (3051m). J’ADORE …cette attention de chaque seconde, cette coordination mains-pieds-tête qui ne laisse place à aucune pensée étrangère à ‘’moi-ici-maintenant’’. Le temps d’apprécier la vue et de poser pour notre photographe préféré, j’ai nommé Eric, nous entamons la descente sous la menace de nuages qui, dans les 50 nuances, n’ont pris que les plus foncées. Nous arriverons plus ou moins mouillés à la cabane Rambert où m’attendent, bien au chaud, … mes vêtements de pluie. Il y a ceux qui réfléchissent et les autres ;-) !

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Le temps de boire un thé, je sèche, un peu, mes habits. Ensuite, sacs remplis, nous nous mettons en route pour la cabane de Fenestral.
Nous pique-niquons en compagnie d’un troupeau de vaches avec des cornes et une cloche : les vraies quoi. Puis s’ensuit une longue, très longue approche du col de Fenestral (2453m). Jamais de ma vie je n’ai vu autant de trous de marmottes ; des gros, des petits, mais des trous partout !! Et qui dit trou de marmotte dit… marmotte. Les deux mecs nous lâchent dans cette montée, hormones obligent, et nous laissent courageuses et pleines de volonté progresser vers le col qui recule à mesure qu’on avance (si je vous le dis !). Juste avant que je le franchisse, Eric m’accueille et m’annonce plein d’encouragement qu’il reste 1km. Je lâche un GROS nom d’oiseau et continue à marcher sans m’arrêter pour découvrir, juste de l’autre côté, la cabane à quelques enjambées de mes belles chaussures bleues ! Quel farceur cet Eric ! Arrivée devant la cabane, je jette mon sac et cours aux toilettes un peu à l’écart, non sans avoir été accueillie par une énorme marmotte (elle a toutes ses chances au concours de Miss ronde). Soulagée, je vais faire connaissance de nos hôtes qui m’apprennent qu’il a des toilettes dans la cabane : très confortables et toutes neuves, puisque cette cabane aussi vient d’être rénovée.
Nous sommes les seuls randonneurs ce soir-là. L’endroit est très chaleureux, à l’image des bénévoles qui s’en occupent ces jours-là. Ils nous reçoivent avec un cake au chocolat réconfort d’effort trop, trop bon. Après un repas de rois ; je ne résiste pas à l’envie de te faire baver d’envie, ô toi lecteur o randonneur qui a dû parfois te satisfaire d’un quignon de pain sec trempé dans une soupe à l’eau chaude : quiche poireau- saumon, fondue et crème brûlée. Dodo bien mérité.

Au lever du 3ème jour, la Dent de Morcles nous attend. Nous nous mettons en route sitôt le petit déjeuner avalé. Après un sentier à flanc de coteau assez pentu qui nous fait traverser un ou deux pierriers, nous arrivons au bord au bord d’une crête non conseillée si vous avez le vertige. L’autre versant est à couper le souffle : une falaise qui vous mène tout droit au fond de la vallée traversée par le Rhône. Le moment est venu de ranger les bâtons. L’escalade qui nous mène au sommet de la Dent passe au milieu de roches inconnues pour moi : on dirait des feuilles de carton empilées les unes sur les autres.

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Nous traversons aussi un plan de neige, puis parvenons au sommet à 2969m. Nous redescendons pour rejoindre la cabane de Fenestral et récupérer quelques affaires. Peu avant de rejoindre le sentier en terre, malgré toute mon attention et mes belles chaussures bleues, mon pied glisse sur une dalle. Je tombe avec une torsion pas sympa de mon genou gauche (déjà victime d’une belle entorse 8 mois auparavant) ; il craque, j’ai mal ! Allez !!! Je respire, attends quelques minutes avec Christine. Je me lève…sans bouger, ça va. Je tente 1 pas en direction des garçons qui ont rebroussé chemin…sensation bizarre, mais ça va. Un peu rassurée, mais pas très confiante, je reprends la descente. Nous cassons la croûte à la cabane et je laisse mes compagnons partir à l’assaut du Grand Chavalard (2899m) pendant que je descends tout tranquillement à la cabane de Sorniot visible en contrebas. Descente sans problème : je prends le temps d’observer les petites fleurs et de me poser sur un énorme rocher au bord du Lac supérieur de Fully. Arrivée à Sorniot, je m’installe sur la terrasse pour guetter le trio. Ça y est, je les vois au sommet. C’est le moment que choisit la gardienne de la cabane de Fenestral pour apparaître à mes côtés : elle avait besoin de s’aérer après 3 jours de gardiennage. Elle m’apprend qu’en général, les gens abordent le Grand Chavalard par un autre côté que celui choisi par mes copains, lequel est dangereux parce que la roche s’effrite et qu’aucune prise, aucun appui ne tient. Chouette ! Je suis contente de les avoir vus au sommet ! Après une descente qu’ils ont trouvée très longue, ils me rejoignent. Heureusement que je n’étais pas avec eux, avec mon genou fragilisé. Repas et nuit bienvenus.

Le petit-déjeuner ayant été négocié (difficilement, Manu ayant certains à priori avec certaines femmes) très tôt, nous quittons Sorniot à presque l’aube, car la journée sera longue. L’ascension jusqu’au Col des Martinets nous fait croiser un troupeau de moutons, de drôles de constructions en béton et quelques randonneurs. Au début, nous suivons un sentier à flanc de coteau, puis faisons de l’escalade bien sportive, je trouve. Le col nous offre un site parfait pour nous poser, manger et en prendre plein les yeux face aux proches montagnes. Hop, il faut descendre ! Un sentier au milieu de petites cailloux laisse la place à un autre qui sillonne au milieu de prairies sur lesquelles sont posés de grands rochers de couleurs diverses et variées. Puis, arrive un chemin plus plat et plus fréquenté qui nous guide jusqu’à la voiture dans laquelle les tentes ont séché. Ouf, mon genou a tenu et les trous des chaussures de Christine aussi ;-)))

Rébecca bien aidée par les photos d’Eric

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